Hommage

lundi 19 janvier 2009

Un grand producteur s'éteint

Hommage

Produire une adaptation en film " live " des aventures d'Astérix le Gaulois était un pari fou ! Claude Lelouch et Louis de Funès en avaient rêvé, Claude Berri l'a fait. Et de quelle manière ! Gérard Depardieu en Obélix, Christian Clavier en Astérix, les plus talentueux décorateurs et spécialistes en effets spéciaux au générique…

La potion magique était bien au rendez-vous, et le succès, mérité, a suivi : Astérix et Obélix contre César et Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre ont totalisé à eux deux plus de 46 millions de spectateurs dans le monde entier ! Jules César ne s'en est toujours pas remis…


Au Village, la tristesse était donc de mise, lundi 12 janvier, lorsque fut annoncée le décès de celui qu'on présentait comme le " dernier nabab " de la production cinématographique française. Albert Uderzo l'exprimait ainsi sur RTL : " C'est triste. On s'est compris très vite, et j'ai compris que cet homme était un homme de parole d'abord. Nous avons perpétué notre relation avec un deuxième film, toujours dans une parfaite entente, sans accroc, sans anicroche. C'était un garçon qui connaissait vraiment son métier. ".


Albert Uderzo a également une pensée particulière pour Thomas Langmann, le fils de Claude Berri, producteur du film Astérix aux Jeux Olympiques. Une famille décidément talentueuse à laquelle les Irréductibles Gaulois témoignent aujourd'hui avec émotion leur respectueuse sympathie.

lundi 5 novembre 2007

Hommage à René Goscinny

Hommage



" Il y a des dates dans la vie d'un être humain qui marquent à jamais les passages de l'existence, qu'elles soient ensoleillées de joies ou qu'elles apportent au contraire un dur chagrin.
Ce fut le cas en cette date du 5 novembre 1977 où nous nous apprêtions à fêter comme chaque année la sainte Sylvie, qui est le prénom de notre fille.
Triste cadeau de fête pour celle qui apprenait comme nous tous que ce samedi matin-là, son " tonton " René, comme elle l'appelait, était mort brutalement. "

Albert Uderzo
Il y a trente ans, déjà, René Goscinny nous quittait, et sa soudaine disparition suscitait une immense émotion chez ses millions de lecteurs, qui se savaient orphelins d'un véritable génie de l'humour.


Albert Uderzo, son inséparable compère et premier admirateur, perdait quant à lui ce jour-là également un ami : " J'ai partagé vingt-six années de travail dans la plus grande complicité et la plus parfaite entente, et ce malgré le succès et la réussite que nous connaissions. Mise à part cette osmose qui nous unissait dans ce parcours professionnel sans tache, il était né entre nous une amitié extraordinaire et indéfectible que rejoignaient nos épouses respectives et nos deux filles ; il agissait envers moi comme un frère très protecteur et vigilant alors qu'il n'était mon aîné que de huit mois. Et je le considère comme le plus grand et le plus prestigieux scénariste de son époque dans le 9ème art. Dois-je avouer qu'il me manque encore beaucoup aujourd'hui ? Je suis rassuré de savoir qu'une quantité considérable de lecteurs qui le lisent à travers le monde font qu'il reste et qu'il sera encore, aujourd'hui et demain, toujours dans la mémoire collective de ses admirateurs et c'est cela le plus important. "

En effet, trente ans plus tard, René Goscinny demeure un des auteurs français les plus lus au monde et son oeuvre est aujourd'hui élevée au rang de classique de la bande dessinée. Quant aux plus de 2 000 personnages nés de son invention foisonnante, ils forment une hilarante comédie humaine qui fait à l'état civil une concurrence que Balzac lui-même n'aurait jamais osé imaginer !

Grand admirateur du talent de scénariste de son ami, Albert Uderzo n'a jamais interrompu son dialogue créateur avec celui dont il était le plus proche collaborateur. A chaque nouveau gag, à chaque nouvelle péripétie nés sous son crayon dans le quotidien des héros qu'ensemble ils ont créés, Albert se demande ce qu'en aurait pensé René. Les lecteurs ne s'y trompent pas : par millions, de tous âges et de toutes nationalités, ils continuent à plébisciter Astérix et Obélix. En cela, les deux créateurs d'Astérix ont tenu leur promesse de veiller à ce qu'Astérix et Obélix restent toujours ensemble pour notre plus grand plaisir. Une promesse exprimée dans le texte ci-dessous, écrit par René Goscinny et lu par Albert Uderzo lors d'une projection publique du film d'animation Les 12 Travaux d'Astérix. Un texte qui résonne aujourd'hui comme un message bienveillant laissé à ses lecteurs par René Goscinny.




Trente ans plus tard, Albert Uderzo veille à ce que les noms de l'un et de l'autre continuent de figurer côte à côte sur tous les albums d'Astérix. D'ailleurs faites le test : demandez à un lecteur d'Astérix, aujourd'hui encore, lequel est le dessinateur, lequel est le scénariste. Et bien, très souvent… C'est l'autre !

René Goscinny avait raison : le duo qu'il formait avec Albert est à jamais inséparable, et le souvenir de René Goscinny reste pour toujours gravé dans nos cœurs de lecteurs.

mardi 10 avril 2007

L'émotion d'Astérix

Hommage

Il existe des moments où les deux mondes (le réel et le virtuel) se croisent, des espaces-temps où l'incroyable est possible, où l'on voudrait bien changer de réalité, mais où l'inéluctable vous rappelle à l'ordre.
C'était le cas tout récemment, lorsque j'ai intercepté le message d'un Obiouanekenobix justement ému. Lisez-le... Avec lui, nous avons été, à côté de lui nous resterons.

François CLAUTEAUX - Profession : inventeur de Pilote!

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Fans d'Astérix, vous connaissez tous la formidable histoire de la création du plus célèbre des héros Gaulois. Sur un balcon de Bobigny, pendant l'été caniculaire de 1959, deux inséparables amis, René et Albert, se creusent la tête et semblent douter du crayon… Jusqu'au moment où les saisit une géniale inspiration ! Une nouvelle série humoristique, située au temps des Gaulois, est née. Le mythe Astérix est en marche.


  Photo: Donatien Clauteaux
Mais cette fois nous allons remonter un peu plus loin dans le temps, aux prémisses de ce qui deviendra le journal Pilote. Un homme, François Clauteaux, porte en lui, depuis l'enfance, un projet novateur. Son rêve: créer un journal pour la jeunesse, révolutionnaire, unique. François veut tout simplement inventer le journal qu'il rêvait de lire lorsqu'il était enfant, puis adolescent. Un journal qui traiterait de tous les sujets, comme ceux des " grands ". Un journal qui éveillerait la curiosité, la créativité des plus jeunes, et leur proposerait des activités sources pour eux d'épanouissements tous horizons. Un journal qui permettrait aux jeunes lecteurs de devenir acteurs de leur propre vie, acteurs d'une vie qu'il ne tiendrait qu'à eux de rendre exceptionnelle.

Nous sommes à la Libération. La France revit, et François, fort d'une expérience de journaliste déjà conséquente malgré son jeune âge, pose les fondations de son projet: " J'imaginais le journal de mes rêves, enrichi de mes déjà nombreuses expériences. Le contenu : enquêtes, reportages, interview, le format et l'aspect se rapprochant de Match. J'imaginais une double page documentaire dessinée ou photographique : " écorché " de machine, fresque historique, paysages. Toutes les matières scolaires s'y retrouveraient sous une forme attractive et, si possible, incitant à l'action. Enfin il y aurait une place importante laissée à des activités proposées aux lecteurs. "

Ce magazine encore utopique a déjà un nom: Pilote. Et la description qu'en fait alors le tout jeune François Clauteaux (25 ans !), ne laisse pas de surprendre: on reconnaît déjà le Pilotorama et l'esprit qui portera, " Mâtin, quel journal ! ", un des monuments de la presse française du XXème siècle.

Alors inabouti, ce projet renaîtra à la fin des années cinquante, lorsque la grande aventure de François Clauteaux directeur de la publicité de Monsavon et Dop s'achève. Cette fois, la chance est du côté de François: grâce à l'aide de son ami Jean Hébrard, il fait la connaissance de trois talentueux jeunes gens dont on ne sait pas encore qu'ils deviendront trois légendes de la bande dessinée. Leurs noms: Jean-Michel Charlier, René Goscinny et Albert Uderzo.

Le lancement du journal, orchestré de main de maître par un François Clauteaux devenu une référence dans ce qu'on commençait tout juste à appeler " marketing ", permet de faire connaître les géniales créations de ce trio de choc ravi d'avoir enfin carte blanche pour exprimer leur talent comme ils l'entendent. Astérix, en particulier, s'affirmera bientôt comme un phénomène unique dans l'histoire de la Bande Dessinée, tant et si bien que Pilote ne tardera pas à devenir le journal d'Astérix et Obélix. A ce moment là, François Clauteaux se sera déjà envolé vers de nouvelles aventures, et Pilote connaîtra ses plus belles années sous la direction de nos trois compères, dont l'infatigable créativité et l'humour inimitable feront, et font encore le bonheur de générations d'enfants et d'adolescents.


Moments de complicité entre Albert Uderzo, Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres,
et François Clauteaux, qui vient de recevoir des mains de son ami sa décoration
de Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres.

Pour tous ceux qui ont eu la chance de connaître quelques uns de ces hommes qui ont présidé à la création de ce journal extraordinaire, la recette d'une telle potion magique ne fait aucun doute: Jean-Michel Charlier, François Clauteaux, René Goscinny et Albert Uderzo n'ont jamais renoncé à leurs rêves d'enfants, et se sont engagés corps et âme, à force de travail et de talent, pour les réaliser, et les partager pour le plus grand plaisir de tous ceux qui ont conservé en eux leur âme d'enfant. Leur oeuvre commune est un bien impérissable, qui nous enseigne une fidélité sans faille aux valeurs et aux aspirations de notre enfance.

Ce qui m'amène à vous raconter aujourd'hui cette belle histoire est une triste nouvelle d'un homme qui se montra toute sa vie incapable de tristesse et fit le bonheur de ceux qui eurent la chance de le côtoyer : François Clauteaux nous a quitté dimanche 25 mars 2007 pour rejoindre Toutatis dans un ciel qui nous est ce jour là un peu tombé sur la tête.

La fidélité et la loyauté sans failles d'Albert Uderzo envers François Clauteaux n'ont eu de cesse de susciter l'admiration de ce dernier. C'est à ces qualités entre toutes admirables du co-créateur d'Astérix que je dois de pouvoir vous conter aujourd'hui ce petit bout d'Histoire. Car il y a derrière la grande histoire de François Clauteaux et de Pilote une histoire qui, pour être plus modeste, n'en est pas moins belle: si Jean-Michel Charlier, François Clauteaux, René Goscinny et Albert Uderzo sont devenus en quelque sorte pour des générations de lecteurs des pères idéaux, François Clauteaux en particulier, pour moi, Denis Clauteaux, fut un père extraordinaire.

François Clauteaux, enfant: déjà un vrai petit "pilote"!

Que Toutatis prenne soin de lui et lui réserve une place de choix dans le ciel Gaulois !

Obi

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